Culture Clown - Revue éditée par le CRCC - La Robin, 32220 Lombez - 05 62 62 46 78  
 
 
 
La revue qui déguste la vie des clowns
 
 
Ci-dessous des extraits du Bouillon actuel, le n°13
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Le reportage : Festival de Cannes et Clairan - par myriam Andréoletti (chapeau)
 
 
 
L'interview : Miriem Menant - par myriam Andréoletti (texte intégral)
Gardi Hutter - par myriam Andréoletti (A lire dans la revue papier !)
 
 
La critique : "Par le boudu" de Bonaventure Gacon* - par Bertil Sylvander
  (texte intégral)
 
 
Le Journal de ma vie - par le savant fou Otto Didakt : Arrêtez la science !
 
 
 
L'énigme de l'hihypoppo et leu Peuti Postère...
 
   
 

MENUS

LE BOUILLON ACTUEL : N°13

Reportage
Interview
Critique
Le journal d’Otto Didakt
L'énigme de l'Hihypoppo et leu peuti postère

L’ACTU-CLOWN

 
 
 
 
 
 
 
Reportage : Festival de Cannes et Clairan
  Interview de Sophie DOULCIER (institutrice à Cannes et Clairan) - par Myriam Andréolletti - Chapeau :  
 
Comme chaque année, le Festival du clown de Cannes et Clairan dans l'Hérault (19-20 mai 2007) a accueilli l'association Clownenroute(*). Pour la seconde fois, une rencontre a rassemblé des acteurs-clowns "intérieurs"(*)et des élèves de CM1/CM2 avec, à la clé, la présentation d'un spectacle d'improvisations clown.
Un vent de fantaisie, de bienveillance, de tolérance et de partage a alors soufflé dans la cour de l'école, sous l'œil approbateur des platanes ! Il a suffi d'enclencher le magnéto, quelques jours après, pour cueillir les paroles enthousiastes de Sophie DOULCIER l'institutrice...
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Interview : Miriem Menant - par myriam Andréoletti - texte intégral -
Je parle de ce qui me touche puis c'est Emma qui s'en empare !
 
Une autre "pointure" (!), Miriem Menant, alias "Emma la clown" présente "Sous le divan", un solo où le divan (d'une éventuelle psychanalyse) va en voir de toutes les couleurs et nous aussi ! "J'suis tranquille, j'ai pas d'inconscient " affirme-t-elle ! Alors, elle se tourne vers le public, histoire qu'il raconte "sa mère, son lapsus, ses actes manquants". Et elle qui adore mâcher compulsivement son chewing-gum !

Elle aime être en prise direct avec le public, elle le dit elle-même :
"Pour moi, c'est évident, Emma est en contact avec le public, elle vient partager avec eux. Dès le début, elle s'adresse à lui et va même jusqu'à s'adresser à trois personnes en particulier, leur demande leur prénom, désire les faire venir sur le divan. J'aime ses moments d'improvisation."

Effectivement, Emma vient nous dire, haut et fort son spleen : "j'veux mourir" et tout le public éclate de rire !
Comment la prendre au sérieux ? On dirait une enfant dans
son costume défraîchi de scoute, avec socquettes, basket et chapeau

Emma La Clowne

enfoncé jusqu'aux yeux. Un air boudeur, espiègle, tour à tour ingénue et cruelle. On se demande bien si elle va arriver à ses fins : faire la psychanalyse de tout le public ! Comme il n'a pas l'air décidé, elle se propose de s'allonger elle-même sur le divan.
"Dans tous mes spectacles, je parle de ce qui me touche, moi en tant que personne, puis c'est Emma qui s'en empare. Au départ il y a le texte d'abord. J'écris beaucoup. seule. Ensuite, je répète seule devant une caméra, et seulement à la fin, je demande à une personne de venir pour les détails. Je ne peux pas dire "metteur-en-scène", mais plutôt "œil extérieur".

"Emma" va même jusqu'à inventer l'appareil qui transmet les rêves sur écran, en fait un panier retourné sur la tête de quelques personnes du public ! Sur scène, un écran, immense. Le problème, c'est qu'elle, elle ne rêve pas : l'appareil semble ne pas marcher. Pourtant, il suffit qu'elle s'endorme (sur le divan) pour que, sur l'écran, apparaissent de splendides et touchantes images. Rêves de clowne, avec une partie sombre (que je ne dévoilerai pas) qui touche droit au cœur.
" Ma plus grande référence, c'est Chaplin, c'est le plus grand, il a tout inventé. En 2003 et 2004, je suis allée, avec Emma la Clowne, en Afghanistan, avec Clowns Sans Frontières : expérience très forte, très riche.”

A Pézenas, Miriem a aussi présenté son nouveau spectacle : "Emma et son orchestre", car Miriem est aussi musicienne, chanteuse et elle a recherché le mélange de tous ses talents. Je n'ai pas pu voir ce spectacle ce soir-là, mais voici ce qu'elle en dit :
"Pour moi, ce spectacle est un prétexte pour aborder la musique, les chansons, les textes que j'écris. Je pense que la chanson m'emmène plus loin. La chanson c'est la nudité totale : la voix et le texte. En tant que clowne, la nudité me permet d'aller encore plus au cœur d'Emma. Dans ce spectacle, dans les moments de silence, j'entends le public, il est scotché, c'est une prise de risque que je prends.”

Quand je lui demande si, à l'instar de Grock ou de Buffo, elle sera toujours le même personnage clown, Emma, (d'ailleurs, depuis ses tous premiers pas en clown, elle garde le même costume) elle répond : " Je ne sais pas. J'ai effectivement d'autres projets pour 2008-2009, toujours avec Emma..."

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Critique : "Par le Boudu" de Bonaventure Gacon* - par Bertil Sylvander - texte intégral -
 
 
C'était bien bon d'assister à la vie quotidienne de ce clown dont on se sent proche.

Il arrive sur scène, maladroit, habillé en clochard, il murmure des borborygmes et expose sa vie.
Point de paillettes, mais point non plus de limites ni de conventions mal placées : il pense, marche, parle, chante, joue du violon, comme vous et moi, sauf que c'est un clown. Un clown, comme il en existe, un peu rejeté dans un terrain vague, un "tramp" à l'américaine, ceux qui suivaient les chantiers de chemins de fer, un type genre Charlot, un décalé fantasque et optimiste. Un clown qui nous attache, par ses gestes absurdes, ses démonstrations tragiques et ses rêves émouvants. Bref, un clown qui fait partie de la famille, non pas un cousin éloigné dont on ne comprendrait pas la langue, mais un frère !

Et à un frère, je dis ma vérité (ou tout au moins à l'acteur qui est sous le masque) !
Il y a quand même deux ou trois moments où j'ai décroché pendant le spectacle. Certes, un clown peut éprouver tous les sentiments de la palette humaine et même plus… et pourquoi pas une violence contre le monde : pas de problème. Jusqu'à un moment précis où j'ai eu le sentiment qu'il manquait la distance clownesque. Certes, il nous dit qu'il a faim et qu'un jour il a mangé une petite fille.
C'est tellement gros qu'on voit bien qu'il fait exprès de nous choquer (on pourrait mieux le voir, d'ailleurs, s'il nous regardait vraiment, voir plus bas !). Mais quand il sort de son panier la robe rouge de cette petite, je ressens un malaise, car cela m'évoque les sadiques de manière très - trop - réaliste et là, personnellement, je sors du jeu.

Bonaventure Gacon dans “Boudu Sauvé des Eaux”
Oui, c'est un personnage gourd et violent, et sans doute a-t-il ses raisons (cette manière de maltraiter les chaises suffit pour nous en convaincre), mais j'ai besoin du clin d'œil. De même, lorsqu'il se roule par terre, là où tout le monde a vu que son verre était tombé, on est vraiment inquiet pour l'acteur ! Et quand il croque le verre jusqu'à le casser, on a mal aux dents ! Il nous manque la distance. Puis, tout à coup, sans qu'on comprenne vraiment pourquoi, le voici extrêmement délicat, car il va se saisir, derrière le rideau, d'un violon, dont il joue avec grâce. Joli !

Et cela m'amène à une deuxième critique de mise en scène, qui est un peu notre dada, au Bataclown. C'est la question de la convention théâtrale qui, à notre avis, doit constamment être remise en cause par le clown : pourquoi est-il là, dans ce théâtre ?
A-t-il squatté les lieux ? Après tout ce serait possible de nos jours. Quand il arrive, il nous voit à peine et semble à l'aise dans ce lieu qui n'a rien d'un terrain vague, mais dont on sent qu'il voudrait nous y faire croire ! De même, d'où vient ce violon ? Qui l'avait placé en coulisse ? Ou encore, quand il est sur le bord de la falaise et qu'il tombe… de la table, est-ce de la fiction ? Y croit-il ? Veut-il qu'on y croit ? Si la mise en scène prévoit que nous allons adhérer à la convention théâtrale, on risque de perdre un peu de la présence, de la vérité, de l'absolue authenticité de ce personnage de l'ici et maintenant, compagnon du public, son semblable, son frère…
* Lire dans Culture clown N°10, 2005, "Un état de grâce... à retrouver chaque soir", interview de Bonaventure Gacon par Jean-Bernard Bonange.
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Otto Didakt - Le journal de ma vie - Vienne, le 9 mai 1933 -
   
Je le dis solennellement : arrêtez la science !
 

Que n'a-t-on dit sur les progrès de la science, en cette époque de trouble positiviste ! Certes, je suis le premier à rendre hommage à Archimède, sans qui nous ne pourrions concevoir des navires portés vers le haut par une force équivalente au volume d'eau qu'ils déplacent. Mais enfin, tout de même !

Newton ne porte-il pas une lourde responsabilité ?
Car enfin, le calcul de la trajectoire des obus de canon est directement issu de sa loi sur la chute des corps.
Et que dire des savants chinois qui, pour obscurs qu'ils soient, ont inventé la poudre à canon, et que dire de Galilée qui en a amélioré l'usage ? Léonard de Vinci est sans doute le plus blâmable, qui a inventé le sous-marin, la mitrailleuse, les nageurs de combat, les chars de guerre dont le revêtement cuirassé est sorti tout droit de son cerveau belliqueux ! Et je dois, à mon grand regret, citer ici mon presque compatriote Einstein qui, dans le secret de son laboratoire, a conçu la loi de la relativité, avec pour résultat de tout simplement libérer l'atome et d'améliorer encore nos démoniaques moyens de destruction, suivant en cela, tel un savant fou, les "progrès" de ses prédécesseurs !
Cela ne m'étonnerait pas d'ailleurs que d'ici une dizaine d'années, une super puissance n'en abuse contre un pays ennemi. Horreur ! Et croyez vous qu'il ne s'agisse que de guerre et de désolation ? Non pas ! Non pas, mesdames et messieurs mes lecteurs ! Non, je le dis calmement, mais fermement : arrêtez la science !

C'est beau et pratique, n'est ce pas, les grandes découvertes et la navigation au grand large ! Mais vous êtes-vous demandé ce qu'en pensaient les peuplades d'Amérique Centrale, mayas et incas, qui ont vu débarquer des hordes sanguinaires d'espagnols avides qui avaient pu trouver leur chemin grâce à la boussole des chinois (encore eux !) et au sextant de J. Hadley ? Hein ?

Et il n'est que de remonter jusqu'à l'inventeur du feu lui-même, un certain "Honkr", en 502 288 BC, qui doit avoir la conscience bien chargée, si l'on pense aux feux grégeois, pratiqués dès l'antiquité et qui permettaient de griller toute une armée à distance. Ce feu qui, ne l'oublions jamais, a ravagé le mois dernier les Nouvelles Galeries, provoquant la mort de plusieurs centaines de personnes innocentes qui n'avaient jamais entendu parler de ce Mr Honkr.

Que dire enfin de Mr Edison et de son ampoule électrique, qui a mis tant de gaziers au chômage,
de Mr Carnot, successeur de Papin, avec sa prétendue "loi de Carnot", à qui nous devons surtout l'invasion insupportable des automobiles et des gaz d'échappement qui les suivent ? Que dire également de Ctésibios, au V siècle avant Jésus Christ, qui a inventé la clepsydre, ancêtre de l'horloge et de son âme damnée Mr Shotte qui a inventé la montre, responsable des délais diaboliquement mesurés et de plus en plus courts pour remettre des manuscrits aux revues ? (je ne vise personne). Que dire enfin de ce misérable Graham Bell qui, avec "'invention" du téléphone, rend possible l'acharnement de certains rédacteurs en chefs sur des auteurs géniaux, quoiqu'en retard ?
Non, je le dis encore une fois, très sereinement : arrêtez la science !

Lavoisier ne nous empoisonne-t-il pas avec ses produits chimiques susceptibles d'exploser un jour ou l'autre à Toulouse ? Avec leurs conséquences désastreuses sur l'agriculture, polluée par les engrais et les pesticides mis au point secrètement par Liebig ?

De même, le colonel Drake, avec l'invention infernale du derrick, est-il responsable du pompage invétéré du pétrole, jusqu'à ses dernières gouttes ! Et que feront nos arrières petits enfants après ?

Je ne veux pas jouer au cassandre, mais tous ces soit-disant "progrès" ne risquent-ils pas de réchauffer - outre mon humeur - le climat de notre bonne vieille planète ?

Je n'accorderai mon pardon qu'à ce bon Gutenberg dont l'invention permettra aux lecteurs de cette revue de lire ma saine et vertueuse révolte et de se rallier à mon juste combat.

Je le dis haut et fort : arrêtons la science !

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L'enigme de l'Hihypoppo   Leu Peuti Postère (le plus petit poster du monde)
 
Qu'est ce que donc qu'un hypocentre ?
 
C'est le cheval de François Bayrou
 
 
 
Super fort au boomerang !
 
 
 
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