Culture Clown - Revue éditée par le CRCC - La Robin, 32220 Lombez - 05 62 62 46 78  
 
La revue qui déguste la vie des clowns
 
Ci-dessous des extraits du Bouillon actuel, le n°17
 
> version papier = 8 pages d'actualité clownesque ! commander CultureClown N°17
 
 
 
 
Reportage Québec : polémique autour des "docteurs clowns"
Bonus au dossier Culture Clown 17 -
par Jean-Bernard Bonange
   
 
Rencontre
L'association "Les Atomes Crochus"
Des atomes crochus entre artistes clowns et scientifiques
Bonus au dossier Culture Clown 17 -

par Richard-Emmanuel Eastes et Francine Pellaud
 
 
Vus sur Scène Humour ou Cynisme ? par Bertil Sylvander
 
 
Le Journal de ma vie - par le savant fou Otto Didakt
 
  Répondre à la minie-enquète sur
Culture clown et son Bouillon
 
 

MENUS

LE BOUILLON ACTUEL : N°17

Reportage :
Québec : polémique autour des Docteurs Clowns
Rencontre :
L'association "les Atomes Crochus"
Vus sur scène : Humour ou Cynisme ?
Le journal d’Otto Didakt

L’ACTU-CLOWN

 
 
 
 
 
 
 
 
Reportage : Québec : polémique autour des "docteurs clowns" Bonus au dossier Culture Clown 17
par Jean-Bernard Bonange
     

Le choc des images du clown !

En mai dernier, l'organisme québécois Docteur clown s'est retrouvé au centre d'une polémique politique et médiatique inattendue et tout à fait révélatrice de l'ambiguïté de l'image du clown dans notre culture. (voir en page 20 "Les clowns risquent-ils de nous infantiliser").
Le 20 mai 2009, la presse québécoise diffuse cette information : la ministre des aînés annonce un investissement de 293 000 $ sur 4 ans pour permettre à des clowns de rendre visite aux personnes âgées qui reçoivent peu de visiteurs... et cela dans le cadre d'un Programme de divertissement pour les personnes âgées. Pour briser leur solitude, elle enverra des clowns dans les résidences. Ces "clowns thérapeutiques" iront les distraire et les désennuyer. "Il s'agit de professionnels de la santé formés pour intervenir auprès des aînés."
C'est le parti libéral qui est au pouvoir au Québec... et l'opposition va profiter de cette annonce pour critiquer ce choix gouvernemental alors que les besoins de ces établissements ne sont pas assez pris en compte. Un député ADQ : "C'est rire des personnes âgées.. ... Je ne pense pas que les gens inquiets vont rire quand on va leur envoyer un clown." Le Chef du Parti Québécois : "Cela n'a pas beaucoup de bon sens que la ministre dise qu'elle va envoyer des clowns sans se préoccuper de la formation des préposés aux personnes âgées qui, eux, sont avec les aînés 24H sur 24. C'est inacceptable."

 
Une partie des médias va se moquer de cette décision en s'appuyant sur une certaine image du clown, très présente dans la culture nord-américaine, celle incarnée par le clown Ronald (de Mac Donald) ou les "clowns balloons" qui animent fêtes et anniversaires. Tous les clowns, ces gugusses, avec leur allure stupide, ne s'adresseraient qu'aux jeunes enfants, et s'ils s'adressent à des adultes, ils ne peuvent alors que les infantiliser !
"Passons sur le côté absolument infantilisant de cette approche. La clientèle des CHSDL n'est pas celle des garderies ! Peut-on lui épargner les thérapies gnangnan ? Avant de divertir les personnes âgées avec un clown, un furet ou la dernière technique New age en vogue, il faudrait peut-être s'assurer qu'elles reçoivent les soins adéquats. Avant de se taper les cuisses devant les pitreries de Dr Clown, ces gens arrivés au terme de leur vie ont peut-être envie d'un traitement humain dispensé par un personnel courtois, bien payé et relativement de bonne humeur." (Nathalie Collard de Cyberpresse).
La ministre doit alors faire face à ce déchaînement en multipliant les interview. "Ce n'est pas du tout infantilisant de mettre un rayon de soleil dans la vie des gens".
Et son attaché de presse évoque "une approche nouvelle adaptée aux personnes âgées et basée sur la tendresse. Les amuseurs qui seront envoyés dans les CHSLD ne seront pas des clowns maquillés portant la perruque et le faux nez... ".
Assurément, deux images du clown s'entrechoquent !

Il reste que, pour beaucoup de médias, dans cette histoire, les "clowns" ce sont surtout les hommes et femmes politiques qui pensaient régler ainsi les problèmes des personnes âgées...
Du jour au lendemain, Dr Clown se trouve pris dans cet emballement médiatique... mais, finalement cet organisme peut mener une campagne promotionnelle qu'il n'aurait jamais pu organiser.
La journaliste Marie-Claude Lortie écrit : "Toute la semaine, je me suis demandé si tous ces gens qui ont ri et ridiculisé les clowns thérapeutiques et leur travail savent exactement ce qu'ils font...". Comme d'autres journalistes, elle en a suivi dans leurs interventions et en a rendu compte. Elle décrit, par exemple, comment un résident "bougon, n'a même pas bougé la tête pour les regarder, trop occupé à fixer le plancher comme s'il était en train d'engueuler
mentalement son passé et son présent... A force de faire la folle, de laisser tomber tous les morceaux de l'ordre établi entre malades et personnes en santé dans cet hôpital glauque, l'auguste a fini par faire craquer l'homme à la colère sourde. Il s'est mis à sourire puis à rire. En le regardant, je me suis étonnée qu'il sache encore comment."
Nathalie Côté (de Dr Clown) a pu expliquer le travail de ces "artistes thérapeutiques". "Nous recrutons des artistes professionnels, comédiens, danseurs, qui choisissent de combiner l'action sociale à l'art. On n'a pas de numéro préparé à l'avance, tout est basé sur l'improvisation en fonction de la situation du patient qui a toujours le choix de refuser de voir le clown. Certains vont même jusqu'à nous exprimer leur désir de mourir. Notre apparente naïveté leur permet d'aborder ces sujets."
Les clowns professionnels se sont aussi mobilisés dans un communiqué de soutien.
Et François Yo Gourd est monté au créneau dans le journal Le Devoir. Président du Parti Neorhino du Canada, il se revendique Foulosophe, Niaisologue, et VIP : Véritable Idiot Professionnel...


"En 2004 j'étais en tournée dans des orphelinats et des résidences pour personnes âgées en Russie, au Tibet et en Chine avec le docteur Patch Adams (Note : médecin américain devenu célèbre en faisant le clown à son hôpital cf. film avec Robin Williams). Dans une résidence chinoise pour les vieux, on nous a dit de ne pas nous occuper d'une vieille femme, car elle ne parlait ni ne bougeait depuis plusieurs années. Au bout de quinze minutes, portant un nez rouge, l'aînée dansait et riait au son de l'accordéon. L'infirmière nous regardait comme des faiseurs de miracles.
Dans les hôpitaux, les clowns font des miracles. Dr Clown est essentiel pour la santé mentale de notre société.
Dans son programme électoral de 2008, le parti Neorhino proposait d'abolir le budget militaire, d'abolir les paradis fiscaux et avec tout l'argent récupéré d'augmenter les budgets de la santé, de l'éducation et de la culture. Il faut mettre des clowns partout dans tous les ministères, les organismes, les hôpitaux et les écoles.
Les docteurs clowns sont des humorissionnaires qu'il faut soutenir plus que les banques. Punissez les vrais coupables, dilapideurs de fonds publics au lieu de taper sur le petit montant versé à Dr Clown.".

    Docteur clown
a déjà 10 ans d'existence et emploie maintenant 30 clowns qui sont des artistes professionnels. Les "docteurs clowns" interviennent deux fois par semaine dans les services pédiatriques des hôpitaux et une fois par semaine dans des maisons de retraite médicalisées. Avant mai 2009, ils allaient déjà dans 27 centres (CHSDL) à Montréal et à Québec. Le budget de Dr Clown provient de dons de particuliers et de sponsors.
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Rencontre : L'association "Les Atomes Crochus" - Des atomes crochus entre artistes clowns et scientifiques : Bonus au dossier Culture Clown 17 - par Richard-Emmanuel Eastes et Francine Pellaud
 
 
 
Molécule et le professeur Spatule
 
 
 
 
 
Ursule Fabulle
 
 
 
 
 
 

Historique des “Atomes crochus”

En 2001, Catherine Bied, Maître de Conférences à l’Ecole de Chimie de Montpellier et clown amateur à ses heures perdues rencontre Richard-Emmanuel Eastes, agrégé de sciences physiques à l’Ecole normale supérieure et fasciné par les clowns depuis l’enfance. Lui-même rencontre alors Francine Pellaud, Maître-Assistante à l’Université de Genève, spécialisée dans les applications pédagogiques du modèle allostérique d’apprentissage développé par le Pr. André Giordan à l’Université de Genève.
De ces rencontres naissent deux animations-spectacles. La première, sans nom, relatera la rencontre fortuite du clown Molécule et du Professeur Spatule dans un laboratoire de chimie. La seconde, Des molécules plein les marmites, rajoutant un atelier de cuisine à côté du laboratoire, adjoindra aux deux mêmes personnages la présence de la cuisinière Capsule.

Pris par leurs obligations universitaires et limités par leurs compétences théâtrales, profitant de la professionnalisation de leur association, les trois pionniers se tourneront bientôt vers des comédiens professionnels. C’est ainsi que, de la rencontre avec Adèle Jayle et Malo de La Tullaye, naîtra tout d’abord Ursule FaBulle, la science infuse, un solo trépidant mettant en scène, à son domicile, une jeune femme dont la livraison par erreur d’un colis de produits chimiques détourne de l’ennui. A la fois enthousiasmés par le succès de la pièce et désireux de compléter la nouvelle prestation scénique par une animation plus interactive, Les Atomes Crochus décideront rapidement de lancer une animation ultra-légère : un clown de science en déambulation. Incarnée par Lola Pelletier, poussant une petite carriole remplie d’objets hétéroclites devant son monocycle, Mademoiselle Bulle verra ainsi le jour sous la forme d’un ingénu personnage à la recherche des secrets du rire.

Cette déambulation ouvrira de nouvelles perspectives. Alors que les clowns de science d’anniversaire donneront de l’ampleur au travail exploratoire de l’association, la rencontre entre Bérénice Collet, metteur en scène et directrice artistique des Atomes Crochus, et la clown Anissa Benchelah permettra la création d’une forme intermédiaire entre la scène et la déambulation, plus proche du spectacle de rue : De l’expérimentation des expériences expérimentales.
Puis Les Atomes Crochus lanceront les clowns de science d’anniversaire, d’abord dans le cadre d’une collaboration avec la Fondation Nature et Découverte, puis de manière autonome. Ils organisent désormais des formations à Paris pour en développer le concept.

En mettant en scène les contenus, le fonctionnement et les applications de la science voire, plus simplement, la figure du chercheur, le clown propose en outre un véritable discours sur la science. En ce sens, il contribue à la construction de l’image qu’en conservera le futur citoyen, pour l’heure encore simplement jeune spectateur. Bien plus, rien n’interdit au clown de se saisir des interrogations éthiques et sociétales qu’elle suscite. A-t-il le désir de provoquer un questionnement sur l’expérimentation animale ? Qu’il lui suffise d’expérimenter sur son chien en ballon, d’électrocuter un cornichon, de percer une baudruche d’une pique de barbecue… et de s’interroger sur le sens des gestes qu’il réalise, à la manière d’un comité d’éthique.
Mais le clown de science doit avant tout être un clown. A partir de ses expériences ou de son propos scientifiques, son numéro pourra l’amener à disserter sur tout autre chose. L’essentiel étant qu’à la fin, le spectateur reparte avec le sourire.

Une démarche de co-construction entre artistes et scientifiques

Seul face à sa formation théâtrale, l’artiste clown a peu de chances de maîtriser suffisamment les connaissances et les manipulations scientifiques nécessaires à la constitution d’un spectacle ou d’une animation. Le scientifique, quant à lui, est bien en peine d’identifier dans ses expériences, aussi spectaculaires soient-elles, les ressorts clownesques qui feront rire les enfants. Lorsqu’ils sont seuls, le clown est clown et le scientifique est scientifique. Ensemble, en revanche, ils peuvent construire un clown de science.
Ce concept est probablement l’un des plus représentatifs de la démarche de co-construction entre arts et sciences, par l’exploration réciproque de leurs champs d’expertises respectifs, qui émerge peu à peu des pratiques de culture scientifique. Ainsi, après avoir fait mille fois léviter une balle de ping-pong dans le flux d’air vertical d’un sèche-cheveux et en avoir exploré toutes les variantes, tous les secrets, le scientifique la présente une mille et unième fois à l’artiste clown ; quelle n’est pas sa surprise alors, de voir ce dernier sortir sa langue, l’employer pour jouer avec la balle en lévitation, laquelle semble soudain se dédoubler lorsqu’il prend conscience de sa ressemblance avec le nez rouge, tout près !
Le bain d’azote liquide devient jacuzzi, et on n’y plonge plus le pauvre et traditionnel ballon de baudruche sensé s’y contracter sous l’effet de la très basse température : à sa place, un chien. Le petit chien d’Ursule FaBulle, son compagnon… sculpté dans un ballon. Les indicateurs colorés, enfin, ne sont plus sollicités qu’en musique, de préférence au son de la musique de L’Apprenti Sorcier de Dukas, et la soude se prononce tout d’un coup « Naôh ».
Quel plaisir alors, pour le scientifique, de voir « ses » expériences ainsi revisitées, et pour l’artiste son répertoire renouvelé ! Et le miracle se reproduit à chaque nouvelle rencontre avec chaque nouvel artiste clown… chacun apportant « son » clown et explorant à sa façon, à travers lui, les expériences du scientifique.


Un algébriste qui fait rire
des milliers d’enfants en délire,
ça n’existe pas, ça n’existe pas.
Un clown sortant de son chapeau
un théorème tout nouveau,
ça n’existe pas, ça n’existe pas.
Et pourquoi pas ?
Conclusion de l’ouvrage
Le Clown et le savant de Claude de Calan et
Pierre Etaix,Odile Jacob, 2004.
  Contact : www.atomes-crochus.org
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Vus sur Scène : Humour ou Cynisme ? par Bertil Sylvander
 

 


J’ai vu récemment plusieurs spectacles de rue qui se présentaient comme ayant un « esprit clown », dont un, symptomatique, que je ne nommerai pas (écrire au journal qui transmettra). Il m’a laissé désolé et furieux. Et je voudrais ici partager cette expérience.
Nous sommes devant un décor surélevé un peu kitch, dans les tons noir et rouge. Apparaissent une fille court vêtue et bas résille et un gars rougeaud et un peu bedonnant, un « Monsieur Loyal », baroudeur, camelot maniant le verbe avec une gouaille toute parisienne…
Ils se mettent à nous raconter des histoires de marionnettes, qui se veulent impertinentes, mais sont en fait rudimentaires et grossières. Mais ce n’est qu’un préambule, ou un prétexte, car bientôt les deux compères entendent faire participer le public. Ils font monter sur scène des enfants du premier rang et c’est là que cela devient à mon avis assez odieux.

Quelques exemples, parmi d’autres :

Monte sur scène un garçon :
- Bonjour mon petit, comment t’appelles tu ?
- Marius !
- Ah ! (dit la commère) comme notre chien !
- Celui qui s’est fait écraser ?! complète le compère
Et le public de rire.
Croyant être drôles, ces deux là ridiculisent l’enfant en le comparant symboliquement à un chien et lui font une sorte de prédiction inepte, qui pourrait tout à fait marquer l’inconscient d’un enfant fragile.

Montent deux autres garçons, l’un blondinet, l’autre au teint basané.
Le présentateur se met entre les deux et questionne le public :
- Lequel de ces deux garçons a selon vous le plus de chances dans la vie ? Eh bien non, c’est celui-ci (en montrant le garçon basané) ! et pourquoi ? parce que ses parents travaillent le week-end et tard le soir !
Rires du public
Faisant sans doute lourdement allusion aux épiciers maghrébins de nuit, le présentateur croit être drôle et fait trois fautes. La première est de généraliser (après tout, ses parents sont peut-être instits’ ou artistes). La seconde est de dire que quand on travaille le week-end, on a plus de chances (adhésion à une fâcheuse dérive sarkozyste !). La troisième est de stigmatiser deux enfants qui n’y peuvent rien.

Montent un garçon et une fille. Les deux compères les affublent de boucliers et de matraques et leur disent de descendre dans le public et de frapper. Comme les enfants descendent, ils les arrêtent et, se tournant ver le public :
- On leur fait faire n’importe quoi ! frapper leurs camarades !
Rires du public.
Les pauvres benêts n’ont rien compris. Ils ont fait ce que disait le monsieur et se retrouvent piégés et ridicules.

Alors bien sûr, il y a tout au long du spectacle d’autres conseils aux jeunes pour s’en sortir dans la vie, qui font penser à certaines gens peu vigilants qu’il y a un « message ». Mais sur le fond, on cède à une tendance morbide qui envahit la société blessée d’aujourd’hui, qui est celle du rire par le cynisme. Celle de faire rire la masse au détriment de quelques uns, obligés eux-mêmes de rire tragiquement pour se pas détoner, mais sans doute blessés, comme je me suis senti moi-même à la fin.

Ne pas confondre tous les rires ! Certains peuvent être destructeurs.

 
 
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Otto Didakt - Le journal de ma vie - Vienne, ce Jeudi 8 juin 1933 -
   
Hier au soir, j’ai beaucoup travaillé à mon vieux bureau de noyer, au fond de mon salon cossu, tout recouvert de marqueterie. J’ai laissé mon travail là où il en était, sur mon bureau, confiant dans le travail de rangement assidu et méticuleux de ma gouvernante Emma. Et je retrouve ce matin l’épaisse liasse de mon mémoire sur la logique élémentaire. Je vais pouvoir continuer.
La logique est un déroulement de la pensée qui obéit à des niveaux rigoureux. Après les semis, viennent la germination, puis la montaison et la floraison. Non, ça c’est le début d’un feuillet que j’ai recopié d’un ouvrage de botanique de Linné. Emma a du mélanger.
Ah ! Ca y est ! Le stade oral, le stade anal et le stade génital. Ouf ! C’est bien ça. Juste avant le stade oral, vient le stade écrit. Car il faut réussir l’écrit avant de prétendre passer l’oral. Ah ! Non ! Ca ce sont les instructions pour les étudiants, à la fac. Bon Dieu où a-t-elle mis la suite logique ? « Douze kilogrammes de patates », c’est la liste des courses. « Tissu de coton noir filé fines mailles », c’est pour mon tailleur. « Passer venir me chercher à 8h00 précises », c’est un billet pour mon chauffeur. C’est impensable, quel désordre indescriptible ! Où est la suite de mon mémoire ?
Ah ! Voilà…

L'origine de la pensée humaine ne naît pas de la simple sensation, elle n'est pas non plus un élément inné. Elle se construit progressivement lorsque l'individu entre en contact avec le monde. Grâce à ces contacts répétés il développe des unités élémentaires de l'activité intellectuelle, appelés schèmes.
C’est bien ça. Là je suis bien lancé. Je continue.
Acordo de hacer un banquete, ansi por no lo poder llevar como por contentarme, que aquel dia me habia dado muchos rodillanos y coscorrones. Non, ça c’est la lettre que m’a envoyée la semaine dernière mon excellente amie la psychanalyste Dolorés Fuertes de Barriga. Où sont mes feuillets ?
Ah !
Un schème est une entité abstraite qui est l'organisation d'une action. Les schèmes se transforment en devenant plus généraux, plus nombreux et donc deviennent plus « mobiles ». Ca va mieux.
Pourquoi ai-je écrit : « ça va mieux » ? Je n’ai pas coutume de porter des jugements de valeur dans mes écrits scientifiques. Ça n’a aucun sens. Ah ! Oui, je comprends, j’ai écrit « ça va mieux », car, après les quelques égarements du début, le texte me semblait d’un coup plus cohérent.
Mais cette dernière phrase ne doit en aucun cas en faire partie. Je vais la barrer. Voilà. D’ailleurs, je vais barrer tout ce qui ne concerne pas mon exposé sur la logique. Voilà qui est fait.
Ça n’a guère avancé, à cause de cette chipie d’Emma. Et je ne vois pas pourquoi, au lieu d’écrire mon mémoire, j’écris que je dois l’écrire. Je me sens complètement barré. Bon, il faut que je barre cette dernière phrase.
Je me sens fatigué tout à coup et je vais me coucher. Je me barre.
 


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