Culture Clown - Revue éditée par le CRCC - La Robin, 32220 Lombez - 05 62 62 46 78  
 
La revue qui déguste la vie des clowns
> version papier = 8 à 12 pages d'actualité clownesque ! commander CultureClown N°20
 
Ci-dessous des extraits du Bouillon actuel, le Bouillon en voyage ! n°20
 
Les images seront mises en ligne ultérieurement... Patience...
 
 
 
En suisse > Chez Dimitri au Tessin
  par Claire Oudart
 
 
En Iran > Naissance de clowns à Téhéran
Interview de Louis Fortier et Sophie Brech - par Béatrice Forêt
 
En Afrique >"Africa Clowns" dans les hôpitaux du Bénin
par Patrick Hervé Yobod
   
En Israël > A la Conférence internationale sur les clowns médicaux
par Olivier-Hugues Terreault
   
A Paris > Au Festival Colloque "Des clowns et des sciences"
- par Cédric Aubouy et Guy Simonin
   
Quelques idées glanées...
 
Témoignages et retour d'expériences
 
 
Vu sur Scène
Au Festival d'Avignon Off
Gardi Hutter dans La Couturière Par Bertil Sylvander
   
   
Vu sur Scène
A Toulouse
Emma la Clowne et Catherine Dolto dans La Conférence
Par Bertil Sylvander
   
 
Le Forum du Bouillon Avis Recherches
   
   
   
 
Le Journal de ma vie - par le savant fou Otto Didakt

 

   
 

MENUS

LE BOUILLON ACTUEL : N°20

En suisse > Chez Dimitri au Tessin
En Iran > Naissance de clowns à Téhéran
En Afrique >
"Africa Clown" dans les hôpitaux du Bénin
En Israël > A la conférence internationale sur le clowns médicaux
A Paris > Au festival Colloque "Des clowns et des sciences"

Vu sur scène : > Gardi Hutter dans "La Couturière" Au festival d'Avignon off
Vu sur scène : > Emma la clowne et Catherine Dolto dans "La Conférence"
A Toulouse


Le Forum du Bouillon :
> recherche
Le journal d’Otto Didakt

L’ACTU-CLOWN

 
 
 

Lu dans le journal Le Monde :
"Le clown explose. Ce petit prince du rire, ce simplet monstrueux recrute. Les spectacles créés, les formations dispensées à des amateurs ou des professionnels sont en augmentation. Plusieurs festivals ou programmations spéciales sont à l'affiche… "Plus la société est perdue, plus ce personnage naïf, hors du temps, qui donne pourtant du sens, revient comme une bombe", commente André Riot-Sarcey, metteur en scène des Nouveaux Nez.
Le clown a désormais ses lieux d'apprentissage, ses scènes, sous chapiteaux ou dans les théâtres, ses publications, comme Culture clown, lancée par le collectif du Bataclown…"
(Catherine Bédarida,
Le Monde, 11/12/2003)

 
 
 
 
 
En Suisse :
> Chez Dimitri au Tessin - par Claire Oudart
     
Voici quelques échos de ma visite chez Dimitri alors qu'avec Jean-Bernard Bonange, nous étions venus l'interviewer pour le dossier de Culture clown...
 
Dimitri dans Theatro

 

 
Je commence par lui parler de ma première rencontre avec lui, en 1977, à Budapest alors qu'il venait rendre visite à ses enfants qui faisaient l'école de cirque là-bas. J'étais aussi dans la capitale hongroise dans une école de pantomime et j'allais parfois rejoindre, le dimanche, un copain qui faisait aussi l'école de cirque et habitait avec Masha et David Dimitri. Un de ces dimanches, Dimitri était là et nous sommes allés tous les cinq voir une exposition de peinture. Quel joie pour moi de le voir s'extasier devant les tableaux mais surtout devant plein de petits évènements dignes d'attention pour lui. Il a la ferveur des petits enfants qui se plongent dans la découverte de ce qui est là, donnant de l'importance à ce qui pourrait, sans lui, passer inaperçu ou être considéré comme inintéressant.

De la première fois où je devais tendre bien haut la main pour atteindre celle de mon père pour aller admirer Dimitri dans son premier spectacle « Porteur » à aujourd'hui, j'ai vu régulièrement ses spectacles au théâtre et au cirque Knie durant une cinquantaine d'années. A chaque fois, c'est tout neuf, comme si c'était la première fois. Il y a la poésie, la prouesse corporelle, la fantaisie singulière à Dimitri avec les objets et les instruments de musique, la rencontre subtil et innovante avec le public et surtout l'humour et le comique des situations.
Grâce à Dimitri et à d'autres artistes comme Marcel Marceau, les Mummenschanz ou Gardi Hutter, j'ai pu me nourrir de ce qui est essentiel pour moi depuis mon plus jeune âge, le monde du non verbal, le corps mis en jeu dans la vie et sur scène, le décollage du monde sérieux.

Installé à Verscio dans le canton suisse du Tessin, Dimitri s'engage avec sa femme Gunda pour faire vivre et pour rendre hommage au clown et à ce qu'il représente dans notre société. Depuis que je suis venue la première fois au théâtre et à l'école Dimitri, fin des années 70, le Museo comico puis le Parco del clown et la Casa del clown (le parc et la maison du clown) sont venus enrichir ce lieu magique.
Le Parc est très « nature » avec des grandes sculptures de clowns aux style très variés. Il n'y en a pas trop pour ne pas étouffer et nous laisser suffisamment d'espace… et laisser assez d'autonomie à chaque sculpture. La dernière nouveauté est une fresque murale qui représente l'évolution la famille Dimitri.

Dans la Maison du clown, nous pouvons suivre toute l'histoire de Dimitri: les articles de presse, ses tableaux, ses sculptures, les affiches de ses spectacles, des photos, les courriers des grands artistes qui l'ont rencontré et admiré (dont Charlie Chaplin !). Il y a aussi des éléphants de toutes sortes, de toute évidence un animal de la plus grande importance pour Dimitri. Bref, c'est une suite de cadeaux généreux qui sont ainsi faits au public. Cette maison est en cours de transformation et le dernier étage accueille des étudiants de son école, des artistes en herbe qui font si bien le lien entre le passé et le présent du monde de la création artistique, plastique, théâtrale ou de cirque.

Contact : www.clowndimitri.ch
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Dimitri : “Je suis un chanceux !”
 
Dimitri dans Porteur
Je trouve admirable comment, durant toutes ces années de carrière, vous avez réussi à garder les mêmes spectacles et à les prendre avec, en les adaptant, de 30 ans à 75 ans, c'est formidable !
C'est la chance aussi ! C'est clair que je travaille, je répète, je m'entraîne, et je prends mon métier au sérieux mais il y a la chance, beaucoup de chance.
C'est aussi savoir écouter son corps.
Oui, il faut toujours trouver cet équilibre !
J'avais lu que vous aviez décidé, un jour précis, d'arrêter de faire le salto.
Ce sont de grandes décisions de la vie, mais si on arrive à le prendre du côté positif, c'est bien. Bon, je ne sais pas comment je réagirais si on m'emprisonnait là-bas au Congo… Je ne sais pas si j'aurais encore le moral pour me dire : « Prends-le philosophiquement ! ». On dit que tous les maux n'arrivent pas toujours pour nuire.
Vous êtes tombé en spectacle…
Oui, je suis tombé déjà pas mal de fois ! Ça m'est arrivé ici pendant Teatro. Je suis tombé sur le dos de deux mètres de haut et j'ai cassé deux vertèbres (ndlr une par mètre !). Mais je suis un chanceux ! Je veux que vous l'enregistriez cela : je suis un chanceux ! Sinon, je ne serais pas là ! Pour mon métier, j'ai eu de la chance, pour ma famille, pour ma santé, pour le bonheur que je peux vivre, le fait que je puisse vivre en Suisse, un pays en paix. Pour tout cela, il faut être reconnaissant, c'est aussi important !
Et quels sont vos rapport avec les politiciens ?
J'ai eu des rapports presque toujours amicaux avec les politiciens. C'est intéressant de voir que des gens de la politique qui ne sont pas du même courant sont tout de même touchants. Pour l'inauguration de mon « Parc du clown », Micheline Calmy Rey devait venir mais elle n'a pas pu. A Berne, ils ont voulu nous envoyer quelqu'un d'autre, du parti d'extrême droite, Ueli Maurer. On n'a pas pu refuser… Finalement, il est venu et il a été charmant. Il ne faut jamais avoir d'a priori. Comme il m'avait vu jeune, il a dit qu'il avait été touché par mon spectacle et qu'il avait toujours envie de prendre un bout de ma veste pour avoir un peu de poésie, de drôlerie... C'était très joli. Et là, j'ai dû réviser mes a priori.
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En Iran :
> Naissance de clowns à Téhéran

- Bonus au dossier de culture clown - Interview de Louis Fortier et Sophie Brech - par Béatrice Forêt
 

Lorsqu’il anime un stage “Clowns et Masques”, Louis Fortier n’est pas un adepte de la méthode du « bide », chère à Lecoq ou à Riot-Sarcey : «  Entrez et faites-nous rire ”, je trouve ça un peu serré comme départ, et surtout très douloureux ! J’ai vu beaucoup de gens souffrir ainsi. En ce qui me concerne, et c’est peut-être une tare, j’ai envie de transmettre rapidement à l’acteur certains outils  ». Les deux premiers jours, le travail est volontairement directif. « C’est un tsunami d’informations ! Pour que l’acteur commence à sentir, à se nourrir de l’imprévu. C’est précis, du style : “ expire, regarde, il y a ça qui vient de bouger ”… Comme un professeur de danse qui rectifie la position du bassin. Puis je m’efface complètement et j’encourage l’acteur. Le travail devient plus intérieur  ». Amateurs ou professionnels, l’exigence des participants est la même : que la créature soit là, que la beauté surgisse !
Défi relevé jusqu’en Iran où Louis et Sophie sont allés animer un stage sur le clown, à l’invitation de l’Université de Téhéran. « Des gens extraordinaires coincés dans un régime… ». Les femmes devaient garder le voile. Parmi les interdits : Louis ne devait pas toucher les femmes (pour le maquillage, Sophie a fait l’intermédiaire) et Sophie, les hommes. Une personne prenait des notes sur le comportement des participants tout au long des sessions…
Dans le groupe, une actrice n’avait absolument rien dit en cinq jours, rien exprimé. « Chaque jour nous nous disions qu’elle n’allait pas revenir. On s’est même demandé si elle n’était pas autiste ». Et puis, le dernier jour… « C’est elle qui a terminé le stage avec la Naissance » [exercice d’improvisation dans lequel Louis Fortier demande à l’actrice-clowne, assise, de relever lentement le visage, d’ouvrir les yeux, de regarder le public, puis de répondre aux questions de Louis]. Un nez rouge, « à peine deux tâches de blanc aux coins de la bouche », et la transformation s’est opérée « dès qu’elle a ouvert les yeux ». « Une liberté extraordinaire ! ». Alors que tout ce qui concerne l’alcool et le sexe est proscrit du discours, « elle a réussi à évoquer un rendez-vous amoureux sans nommer les choses, elle contournait les interdits ». Une traductrice traduisait ses propos du parsi au français. « C’était d’une beauté ! », s’exclame Louis. Et tout le monde a ri. Pour Sophie : un signe supplémentaire que « le clown est universel ».

 
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En Afrique :
> " Africa Clowns" dans les hôpitaux du Bénin

par Patrick Hervé Yobod
 
 
Le rire est un élément majeur dans la vie de tout individu. Il participe à la consolidation des relations entre les hommes et apporte le bien être à ceux qui en font usage. Conscients des bienfaits du rire, des professionnels des arts de la scène emmenés par Jean-Louis Lokossou ont créé en 2008 l’association « Africa Clowns ». Basée au Bénin, elle a pour vocation de promouvoir la pratique clownesque en Afrique, d’apporter le sourire et le bonheur au quotidien aux populations en général et aux malades en particulier. Plusieurs actions louables dans les hôpitaux pour déstresser les enfants alités sont à mettre à l’actif de l’association.
Le séjour dans les centres de santé n’est pas chose aisée pour les enfants malades. C’est donc pour déstresser et donner le sourire à ces bouts de choux qu’Africa Clowns est née. L’Association organise des interventions au sein de plusieurs centres de santé d’affluence du Bénin pour apporter de l’allégresse au cœur des enfants malades. Il s’agit notamment de l’hôpital de la mère et de l’enfant (HOMEL), l’hôpital Saint Luc, celui de Béthesda, du centre de santé de Mènontin, du Centre national hospitalier universitaire Hubert Koutoukou Maga de Cotonou et du centre hospitalier départemental de l’Ouémé sis à Porto-Novo, la capitale du Bénin.
Loulou Chips à Bethesda
 
 
Les actions menées par Africa Clowns depuis sa création ont touché plus de 2000 enfants. Signalons également que, pour toujours asseoir la promotion de la pratique clownesque en Afrique, Africa Clowns a initié le projet « Noël à l’hôpital » qui en sera à sa troisième édition cette année. Ces initiatives sont fortement appréciées par les enfants, les parents, mais surtout les acteurs du monde sanitaire. L’objectif ultime de cette association est d’étendre la pratique clownesque à toute l’Afrique et en particulier à tous les hôpitaux du Bénin. Mais pour ce faire, il faut se doter de moyens et perfectionner son art. C’est pourquoi Jean-Louis Lokossou a pris l’initiative d’organiser un projet d’échange avec l’association suisse de clowns hospitaliers "Hôpiclowns" de Genève. Ce projet a été pour lui très enrichissant et lui a permis d’approfondir sa connaissance dans le jeu de clown.
« Pour moi, il ne sert à rien de porter le nez rouge si on ne peut pas le défendre. Mon inquiétude est de ne pas pouvoir le défendre un jour, c’est pour cette raison que je n’hésite pas à me rapprocher d’autres clowns pour échanger ou clowner dès que l’occasion se présente » nous explique-t-il. Ainsi dans cette dynamique du perfectionnement de son travail de jeune clown, celui qui se fait appeler « Loulou Chips » sur scène, sera prochainement en Suisse afin de jouer avec ses compagnons d’Hôpiclowns à Genève, ceci faisant suite à l’échange effectué en 2010 au Bénin. Ils sillonneront ensemble les hôpitaux de la dite ville, partageant le sourire avec les enfants du service pédiatrique de ces centres de santé. On souhaite alors du courage et bonne continuation à Loulou Chips et à toute l’association Africa clowns.
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En Israël :
> A la Conférence internationale sur les clowns médicaux
par Olivier-Hugues Terreaul
 
En octobre 2011, l’organisation israëlienne Dream Doctors célébrait son 10e anniversaire avec une importante conférence internationale sur la médecine et les clowns médicaux.
Plus de 250 personnes de plus de 20 pays à travers le monde se sont réunis pour discuter du métier de clown d’hôpital et comment en faire une profession (éthique, recherches, publications, études théoriques, formations académiques, défis financiers, etc.). Ce fut une rencontre extraordinairement inspirante de praticiens, gestionnaires, chercheurs, universitaires, personnel médical, bailleurs de fonds, et j’en passe. Et, toute une panoplie de style de clowns et pas seulement des clowns d’hôpital, mais aussi en toutes sortes de situations sociales. Plusieurs des grandes figures et organisations de ce grand univers étaient présentes, ainsi que de nombreux fondateurs de plus petits groupes, et plein de nouvelles figures prometteuses pour l’avenir de la profession. Bref, il y avait un ton dynamique et passionné qui s’est maintenu tout au long de ces quatre jours de conférences, tables rondes, ateliers, fêtes, délires et banquets.
Culture Clown m’a demandé de vous transmettre un peu le ton, l’expérience de cet événement…

Samedi 22 octobre. Après un survol de la Méditerranée, splendide au lever du soleil, c’est l’arrivée à l’aéroport de Tel-Aviv … puis sur la route, c’est la découverte d’un nouveau pays, un peu désertique, mais qui me semble tout de même un peu familier, comme si j’avais déjà vu ça quelque part : mais oui ! C’est exactement comme dans les films de mon enfance sur la vie de Jésus ! Et fait intriguant… TOUTES les maisons sont faites de la même pierre blanche!? (Je découvrirai plus tard que c’est une loi dans la région d’utiliser ce qu’ils appellent la pierre de Jérusalem!) Puis c’est l’arrivée à l’hôtel, en banlieue de Jérusalem, où aura lieu la conférence. Des visages connus qui commencent à arriver… puis trouver sa chambre, la douche, la piscine, le lit confortable, le sommeil…

Dimanche 23 octobre. Arrivée de plus en plus de visages connus ! Le niveau de bruit et d’excitation augmente tout au long de la journée ! Le soir, nous montons tous en autocar pour Jérusalem pour un cocktail de bienvenue et un grand souper-gala de célébration des 10 ans des Dream Doctors. Il y a plus de 90 artistes des Dream Doctors présents, alors de temps à autre la moitié de la salle se lève et applaudit avec enthousiasme! Et dès qu’il y a une occasion de danser, les voilà encore tous debout, agitant un foulard blanc ! Je suis bel et bien en Israël.

Lundi 24 octobre. C’est parti ! Le ministre de la santé d’Israël lui-même est là pour souhaiter la bienvenue à tous ! Il semble que nous ayons été conviés à quelque chose d’important ! Puis, Michael Christensen (Clown Care, Big Apple Circus, Etats-Unis), prendra le micro pour nous rappeler la genèse de tout ce mouvement qui, pour lui, fut de la piste de cirque au chevet d’un lit d’hôpital (From Ring Side to Bedside). Sans qu’il oublie de mentionner que la même année de ses débuts en 1986 à New York, Karen Ridd commençait aussi à clowner en collaboration avec l’équipe de soins dans un hôpital pédiatrique à Winnipeg au Canada. Puis, M. Yaacov Shriqui, le fondateur des Dream Doctors nous présente un survol des réalisations de l’organisation.
La matinée se poursuivra avec des rapports de recherches scientifiques… plus ou moins concluants ! Il y a encore du chemin à faire pour pouvoir rendre notre métier mesurable ! Et il y a de quoi puisque, bien que nous puissions réduire les variables de la prise d’un médicament, comment réduire celles d’une rencontre entre un clown et un enfant malade ? Alors que justement, le but de cette rencontre est d’ouvrir tous les possibles ?! On ne peut oublier ici de mentionner la fameuse démonstration que la présence des clowns avant la fertilisation artificielle permet d’accroître le taux de détente de la mère et donc la chance de succès qu’elle devienne enceinte !
L’après-midi, on demeure encore plus ou moins dans des trucs sérieux, comme si l’idée était de les passer lors de la première journée, pendant que nous sommes encore tous frais et dispos ! On discute de la relation entre personnel médical et clown. Caroline Simonds (Le Rire-Médecin, France) nous parle de son éthique pour accompagner les enfants durant les procédures médicales. Alors que Mme Zohar Greenberg nous parle du parallèle clown d’hôpital/médecin et bouffon/roi. Ce qui retiendra toutefois le plus l’attention cette journée-là sera, sans nul doute, d’abord la présentation en duo du Dre Nessia Lang (Tene Center, Padeh Medical Center) et Mme Shoshi Ofir (Dream Doctors) qui nous parlent de leur travail très délicat comme clown accompagnant l’enfant durant l’examen pour trouver des évidences d’un abus sexuel ! Fascinant ! Puis lorsqu’un clown palestinien sera invité à annoncer avec grande émotion, vous le comprendrez, le premier programme de clowns médicaux en “territoires occupés” ! Ce fut l’ovation debout !

Mardi 25 octobre. Nous remontons dans les autocars afin d’aller visiter des hôpitaux et voir des Dream Doctors en action. De mon côté, nous sommes accueillis par le directeur de l’hôpital et le médecin-chef de la pédiatrie et ils sont très fiers des Dream Doctors. Toutefois, sans mauvaise volonté, la fierté tourne un peu au sermon alors qu’une médecin tente de nous expliquer l’importance de s’en remettre au modèle de professionnalisme développé par les Dream Doctors. On sent le discours qui fut prononcé plusieurs fois devant de nouveaux groupes d’amateurs mais, maintenant, devant des artistes qui ont travaillé souvent deux fois plus longtemps que les Dream Doctors, un inconfort s’installe… Moshe Cohen (Clowns without Borders, Etats-Unis), intervient aussitôt pour dissiper le froid… et que l’on passe à autre chose.

C’est le moment d’aller observer en action : j’ai la chance de suivre l’excellente clowne Renana Ophir. La matinée se conclut par une visite des installations avancées de la salle d’urgence en cas de crise majeure, nous rappelant que nous sommes dans un pays en conflit.
Une nouvelle amie israélienne me confiera d’ailleurs plus tard : « Vous savez, c’est tellement apprécié que vous soyez tous venus, car c’est compréhensible que plusieurs aient hésité politiquement à être ici. »
L’après-midi sera consacrée à la visite du musée à la mémoire de l’holocauste et aux témoignages des survivants. Je m’effondre en larmes…

Puis, nous sommes réunis de nouveau en fin de journée sur une magnifique esplanade afin de voir le coucher de soleil sur la vieille Jérusalem… Un jeune groupe de musique sépharade nous accompagne… La pierre de Jérusalem que l’on voit partout prend un ton rosé avec les derniers rayons du soleil. Les vieilles murailles de cette ville de presque 5 000 ans se démarquent d’autant plus parmi les nombreuses grues de construction.
Puis ce sera la visite guidée dans les dédales de la vieille Jérusalem… Avec la tombée de la nuit, nous basculons complètement en orient, avec ces marchands de tapis, de lampes et, bien entendu, de souvenirs religieux. Nous visiterons d’abord l’église du Golgotha (apprenant comment cinq communautés chrétiennes se partagent l’église, chacune à tour de rôle pour une semaine, alors que c’est à une famille musulmane à qui, depuis des générations, on a donné les clés pour éviter les chicanes). Puis visite du mur des lamentations… Mais nous ne visiterons pas la grande mosquée qui les surplombe… (pourquoi?!). Enfin un véritable banquet oriental nous attend et… une piste de danse! Le retour en autocar est particulièrement délirant… les clowns s’appropriant l’interphone à bord pour un Karaoké spontané !

Mercredi 26 octobre.
Pendant la matinée, on discute de l’identité de notre travail, de son avenir et de sa pédagogie : entre autre des programmes universitaires comme celui de Haïfa, présenté par le Dr Atay Citro, et celui de Rio de Janeiro, présenté par le Dre Ana Achcar. Dans l’après-midi, des ateliers pratiques avec de vieux routiers du métier ont lieu dans diverses salles. Puis ce sera déjà la table ronde finale… Et voilà que quelqu’un vient voler le micro!! Wellington Nogueira (Doutores da Alegria, Brésil), enthousiaste, spontané, sans réfléchir une seconde (à la brésilienne quoi !) vient annoncer qu’il nous invite tous en 2014 pour la prochaine conférence internationale ! Tout le monde est ravi !
La soirée finale ne sera ni brève, ni ennuyante, ni en demi-mesure… gigantesque banquet, gigantesque piste de danse, gigantesque célébration ! Je danserai jusqu’au moment de partir pour prendre mon avion à 6 heures du matin à Tel-Aviv… et découvrirai qu’il est plus facile d’entrer en Israë, que d’en sortir ! Car, sans la présence d’une amie israélienne discutant pour moi avec le contrôle de sécurité, je serais encore en train de me faire fouiller mes bagages pour vérifier si je ne suis pas allé en territoires occupés, si je n’ai pas été en contact avec des palestiniens, si je ne sors pas du pays quelque chose qui m’a été donné par un palestinien, comme une lettre ou autre, et ainsi de suite.

Au final, quelle rencontre stimulante. Nous pouvions palper la nécessité de professionnaliser et faire connaître notre travail à tous, en ralliant nos forces par la recherche, des publications conjointes, des échanges internationaux, une définition de normes communes pour la meilleure pratique, et ainsi de suite. De plus, je retiens combien notre métier est en mutation, en train de s’adapter. Par exemple, à cause du temps d’hospitalisation de plus en plus court des patients aux Pays-Bas, les Clini Clowns interviennent maintenant aussi par web cam avec les enfants soignés à la maison ! Et de plus en plus d’organisations ajoutent désormais un volet personnes âgées, envisageant le tsunami d’Alzheimer qui va déferler sur le monde dans les 30 prochaines années… Ce sera fascinant de se retrouver encore plus nombreux, je l’espère, au Brésil en 2014 !
Pratiquement toutes les conférences sont disponibles sur YouTube et sur le site des Dream Doctors :
http://dreamdoctors.org.il/eng/

 
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A Paris :
> Au Festival Colloque "Des clowns et des sciences"
- par Cédric Aubouy et Guy Simonin
Le Colloque s'est déroulé en juin 2012 dans trois institutions parisiennes : l’Espace des sciences Pierre-Gilles de Gennes de l’ESPCI ParisTech, la Cité des sciences et de l’Industrie et le Palais de la découverte.
Le Festival a proposé une programmation de spectacles grand public et scolaires dans plusieurs lieux parisiens : ESPGG – ESPCI ParisTech, Palais de la Découverte, Cité des sciences et de l’Industrie, Chimie ParisTech, association Science Ouverte et la Maison de l’Environnement de Magny-les-Hameaux.
 
La voie est ouverte
 

Pas de retour. Ou disons que le retour est un départ.
Transitions, relations, rapports, points communs, liens.
Le départ et l'arrivée comptent moins que le voyage.
Etaient présents : des clowns, des scientifiques, des acteurs de la vulgarisation scientifique (scientifiques), des acteurs clowns (acteurs), des gens, un espion.

Ce qui est là, maintenant.
Prolonger, poursuivre, relier, connecter, attacher.
Une chose ne se définit que par les liens qu'elle entretient avec les autres. Réfléchir, s'interroger, gamberger. Vivre, s'émouvoir, se lâcher.
Science : connaissance, savoir. Conscience : avec la science.
Inconscience : sans, avec la science... ascience ?
Faudrait-il garder la science, sans la conscience ? et l'âme ruinée...
Poincaré. Mathématicien, comme on peut s'en douter, sut mettre en évidence le fait que la pensée fulgurante du chercheur, l'idée qui surgit, ne vient pas de la conscience.
Elle émerge d'on ne sait-où, un coin paumé dans l'infini du cerveau de la tête... La science vient de l'inconscience... Continuum.
Nous avons assisté à des spectacles. Nombreux, drôles et bons.
Nous avons discuté et palabré. Nous avons tenté de pratiquer, relier clown et science, mettre en présence, mettre au présent... Belle réussite.
Cédric Villani, Bertil Sylvander, au dessus des lots, qui de leurs mots nous ont abreuvés.

 
 
Les pommiers ont leurs pommes qui tombent par-terre parce que, par sélection naturelle, les pommiers qui avaient leurs pommes qui partaient dans tous les sens n'ont pas pu se reproduire...
Auberge building de jeunesse. Et en permanence, à chaque moment, toujours, ici et là, chaque fois, maintenant. Il était là, l'espion.
Personne ne sait qui c'est, forcément. Personne ne c'est, qui sait ?
Révéler la raison de sa présence aurait modifié son sujet...
Vivre l'instant présent. En parlant du fait qu'il faut vivre l'instant présent, trop tard...

Et les clowns étaient là.
Le clown n'a pas trop conscience qu'il est clown.
Vanessa était là aussi. Et un grille-pain en forme de téléphone permet nécessairement de joindre une tartine.
Cohérence, décohérence ? Rationalité, émotionnel ?
Le clown indique les limites en les dépassant, donc il échappe à sa propre définition.
L'acteur clown n'est pas le clown.
Le clown est un personnage intemporel, imaginaire, décalé, qui n'existe pas vraiment, comme les maths...
L'acteur, lui, est un humain, qui peut réfléchir correctement...
Si le clown peut rencontrer la science, il ne peut pas directement transmettre du savoir, mais du savoir scientifique peut pourtant émerger malgré lui du spectacle donné par l'acteur clown...

Science, clown.
Ce sont les problèmes qui donnent du jeu au clown, ce sont les problèmes qui justifient le rôle de celui qui cherche en science.
Le clown fait peur tout en émerveillant, la science aussi.
L'imaginaire est nécessaire à la création scientifique, et c'est l'univers du clown.
Le clown sort du cadre, le chercheur aussi.
Inversion, naïveté, curiosité, émerveillement, transgression, ignorance, imaginaire, étonnement, intuition, doute, émotions...
Tant de points communs, de ponts à lancer entre science et clown. On tâtonne, on cherche.
Ne pas non plus voir systématiquement du lien partout.
La science est sérieuse, elle... Et le chercheur n'a pas en permanence une ampoule qui s'allume au dessus de la tête.
Pas de création ni découverte sans esprit d'aventure, sans curiosité.
Pas de compréhension, d'appréhension des choses, sans réflexion.
A sa manière, un clown réfléchit. A sa manière, un scientifique s'émeut. Et ils ne sont pas sans cela.
Poser les questions que personne n'ose poser. Inciter, par l'absurde, à réfléchir par soi même. Comme une boussole qui indiquerait le sud. La science et le clown peuvent se rendre mutuellement service.
La voie est ouverte, allons ! Avec amour...
contacts : www.science-clowns.fr
www.ilelogique.fr
www.atomes-crochus.org

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Quelques idées glanées durant ces 3 jours par Guy Simonin

Cédric Villani
Notre cerveau fonctionne par des émotions d’abord, le raisonnement vient ensuite.Une façon de pousser le public vers une idée : lui présenter le contraire pour qu’il réagisse et aille de lui même vers l’idée où l’on souhaite l’entraîner.
« Frapper au cœur avant de frapper à la tête ».
Une blague, une histoire drôle peut nous choquer et nous faire réfléchir : une façon d’introduire une idée abstraite.
C’est par la logique que nous prouvons, et par l’intuition que nous découvrons (H Poincaré).
Le mathématicien est une machine à transformer le café en théorèmes.


Richard Emmanuel Eastes (Les Atomes crochus)
Problématique
Le rapprochement du clown et de la science permet-il de mieux médiatiser la science ?
Le clown est l’amplificateur de nos dimensions cachées, il se nourrit de nos faiblesses et de notre fragilité.
Le clown est un catalyseur, et non un donneur de leçons. Est-ce compatible avec le métier de médiateur scientifique ?
Jongleur, le clown est un excellent manipulateur (dans tous les sens du terme) et il a un regard multiple et neuf sur les phénomènes ordinaires. Il peut faire du théorique car il est aussi dans l’imaginaire.
La grande question : un clown peut-il expliquer ?
Le clown pose des questions, dédramatise les sciences et donne envie de se lancer. Il nous empêche l’autocensure (« c’est pas pour moi, ça ! »).
Le clown naïf découvre le monde en même temps que son public, et même moins vite. Il se sert des conceptions et idées reçues du public, il les accompagne en les déstabilisant. En se trompant, il nous indique la bonne direction.
Son imagination débridée est communicative et suscite de nouvelles questions dans le public.
Il peut tout se permettre (ou presque), il peut transgresser les codes habituels.
Antinomie clown-médiateur scientifique.
Possibilité de plusieurs casquettes soit il est naïf, soit il est savant…?
C’est un catalyseur qui suscite des questionnements.
Magicien, il peut étonner mais dès qu’il explique, le charme est rompu.
Mais il ne faut pas en rester à la magie : un phénomène réel montré peut être reproduit chez soi, ou bien une discussion ensuite avec un scientifique expliquant le phénomène…
Un clown, c’est aussi pour les ados-adultes.

Alexandre Moatti Einstein figure de clown?
Détournement de cette photo, avec la complicité d’Einstein : plaisanterie, ironie, provocation, rébellion, transgression, anticonformiste voire démence…?
Clown gai / clown triste : A Comte
Clown rouge /clown blanc


Marine Duffau (clown en hôpital et doctorante en arts du spectacle)
Dualité :
- Clown, un art démarche affective et émotionnelle. Se permet tout, même de poser les « pourquoi ? ».
- Science, démarche logique et rationnelle. Seulement les « comment ? »
Des ponts entre clowns et sciences :
- L’acte créatif (discuté ensuite…)
- Besoin d’imagination
- Pensée et intuition
- Passion et étonnement devant l’univers
- Tâtonnement recherche par essais erreurs
Les 3 règles du clown :
- Il s’approprie le lieu (observe)
- Il détourne tout (hublot de chambre de malade = machine à laver…)
- Il établit des lois (ses lois spéciales…)

Discussion : rareté des fulgurances et intuitions des chercheurs ?
Créativité = sortir du cadre, de l’ornière engagée par ses prédécesseurs...
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Témoignages et retour d'expériences
• Anne Rougée (Comédie des ondes) : les clowns parlent du nez
Discussion sur le rôle du nez : masque, code, à ne pas galvauder
- Le nez est un amplificateur d’émotions
- Enlever le nez quand on passe à un mode explicatif
• Meyna Vernet (Les Jardins vivants) spécialiste des multicasquettes : pose les questions, sensibilise à l’environnement, explique. Le clown est jubilatoire, il n’est pas civilisé, il peut faire peur aux enfants.
• Eliane Le Van Kien (Cie Corossol)
Le clown est un instrument de communication.
Le masque du clown est vivant, il est changeant.
• Bruno Salvador (CollapsArt)
Pourquoi les scientifiques sont passionnés par leur sujet ? Comment communiquer cette passion au public? Sans nez, cela peut créer un trouble : est-il sérieux ou non? Du lard ou du cochon ?
• Bertil Sylvander (Bataclown, ex-chercheur INRA)
Tout devrait être questionné, sans limite (ce qui n’est pas le cas dans la recherche )
La rencontre entre 2 personnes n’est jamais prévisible : la rencontre entre chercheur et clown ne va pas de soi.
Le clown est un OVNI, fictif (Charlot n’est pas que Charlie Chaplin…). Un clown peut-il transmettre un savoir ? Oui s’il est de bonne humeur ce matin… Mais sa part de folie est totalement imprévisible. Un clown ne se démaquille pas, seul l’acteur peut le faire
- Le clown est naïf, affectif. Un chercheur peut avoir une part d’affectif aussi, mais doit se discipliner pour éviter les pièges de sa subjectivité
- Le clown a de l’imagination. Le chercheur doit garder une flamme, du rêve pour sortir des ornières tracées par les prédécesseurs. Goethe, grand rêveur a remarqué la similitude de l’arborescence des poumons et des arbres
- Le clown est absurde. Il réinterprète le monde en permanence par ses expériences. Pour sortir des idées reçues, de la "pensée unique", il faudrait aussi le faire pour un chercheur.
- Le clown prend une distance, du recul : je me vois vivre. Comme le chercheur
Rupture et dérapage : comme les ruptures épistémologiques
- Le clown est subversif. Le doigt là où ça fait mal, comme un chercheur devrait pouvoir être… (mais les contrainte des financeurs industriels de programmes de recherche l’en empêche)
- Citations de Philips (Université de Princeton), et de Ph. Mérieux : « Si je fais un cour de maths en écrasant le plus faible par le plus fort… je prépare la guerre ». « Cherche ceux qui cherchent la vérité, mais fuis ceux qui l’ont trouvée ».
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Vu sur Scène : Au Festival d'Avignon Off
Gardi Hutter dans La Couturière
Par Bertil Sylvander
 
 

 

Dès le début, on est ailleurs ! C’est déjà pas mal… Dans l’atelier d’une petite couturière, qui ressemble à un lutin dans son lieu magique, plein de fils, de poulies, de systèmes articulés. Elle travaille et elle s’amuse. Lutine et mutine. Elle se trompe, rectifie, monte les robes, descend les vestes, recoud, répare, découpe, et invente un monde bien à elle, où les colères fragiles alternent aux rires idiots. Et puis soudain, l’appel inattendu et tragique vers l’au-delà. Son ange-double l’invite à quitter son monde et elle résiste… le drame commence.
J’ai aimé cet univers tranquille autant que la lutte contre l’inéluctable… et je me sentais aux côtés de cette clowne attachante. En revanche, l’accumulation de mécanismes ingénieux, de sophistications techniques, de gestes vifs (même rapides et/ou maladroits) a fini par me donner le tournis et m’a éloigné de la simplicité fondamentale du clown, au risque de rendre cette clowne un peu distante, finalement. Heureusement, à la fin, la relation au public redonne de la fraîcheur au personnage, et quand elle s’en va, on se retrouve démuni…
contact : www.gardihutter.com
 
 
Wurre Wurre
Ce duo clownesque « entièrement consacré à la promotion de l’inutile » se veut être dans la tradition de Ionesco, de Topor ou Dubillard. Deux personnages, « rois du bricolage subversif » écrit Libération, font tout simplement n’importe quoi sur scène pendant une heure ! Si on adhère et qu’on joue le jeu, pourquoi pas ? Mais, au bout d’un moment, je me suis aperçu que c’était effectivement n’importe quoi. Il ne s’agit pas du non-sense (à la Marx Brothers), celui qui n’a pas le sens attendu mais auquel on découvre finalement un sens philosophique et décalé. Là, ça ne veut rien dire. Un rien qu’ils poussent à l’extrême de l’absurde, jusqu’à un trou noir.
Et les personnages ? Au-delà du n’importe quoi, on s’aperçoit que les acteurs eux-mêmes jouent n’importe comment. Pas d’écriture scénique de personnages : les acteurs ont vraiment l’air de deux potes qui déconnent devant nous. On sent qu’ils se piquent d’être très détendus et quotidiens en public. Du coup, je ne me sentais plus au théâtre et j’ai baillé, moi qui suis généralement bon public !
contact : www.wurewure.be
 
Warren Zavatta dans Ce soir dans votre ville
L’anti-clown de cirque qui règle ses comptes avec son grand père déboule sur scène déguisé en clown, au son de la fanfare hyper-classique, avec la gouaille de Mr Loyal. Puis très vite, il arrache tout et laisse aller son exaspération, avec humour et sans détachement ! Et là, tout y passe : les frustrations, les incompréhensions, ses malheurs de petit garçon « d’la balle ». Mais il le fait avec tant de sincérité, d’un élan qui lui vient du cœur, qu’on ne peut pas lui en vouloir de tout démystifier ! Et ses « démonstrations » sont absolument hilarantes, ce qui est quand même fort : faire rire sur un drame intérieur. Et ce drame sonne juste, lorsqu’il avoue dans un souffle : « J’aurais pu inventer le nouveau cirque, si j’en avais pas eu autant marre de l’ancien ! ». Ce n’est pas du clown dans les apparences, mais c’est du clown de cœur.
contact : www.warenzavatta.com
 
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Vu sur Scène : A Toulouse
Emma la Clowne et Catherine Dolto dans La Conférence
Par Bertil Sylvander
 
En cours de mise à jour...
Un pari osé et qui marche ! Le dispositif est celui des conférences classiques : table, nappe, fauteuils et micros. Une vraie conférencière (un peu clown) et une vraie clowne (un peu conférencière). La conférencière est compétente et sympathique, et la clowne est drôle et pertinente en révélant sur un mode poétique le sens des propos sérieux de sa compagne. Un vrai et beau personnage de clowne. Beaucoup de complicité entre les deux "personnages", beaucoup de finesse et de profondeur : on est avec elles.
La seule chose que j’ai regrettée est que Catherine Dolto, au lieu de parler de son domaine d’excellence à elle, qui est la psychologie des nouveaux nés, parle dès le début… du clown ! Le spectacle a une vraie valeur "clownanalytique" lorsque le discours de la conférencière reste centré sur la vraie vie, celle des hommes et des femmes confrontés au mystère de la (pro)création et de la naissance. Là, le regard d’Emma a une belle justesse.

Mais comment peut-elle réagir sur la nature du clown ? Sait-elle seulement qu’elle est un clown ? Et dans ce cas, qui sommes-nous à ses yeux, nous les humains ? D’ailleurs, lorsque Catherine parlait du clown, Emma prenait un air étonné, presque absent. Pour éviter cette démystification du personnage de clown, qui est un vrai risque, j’aurais préféré que Catherine Dolto, après avoir pris conscience du curieux personnage qui l’accompagne dans sa conférence, nous parle de ce qu’elle sait merveilleusement faire et ne nous parle du clown que vers la fin. J’aime bien que le clown soit ce qu’il est : un marginal, un contre-point, un poète et qu’il ne soit pas victime de la mode !
contact : www.emmalaclown.com
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Le Forum du Bouillon :
Avis :
Ouverture d'un Forum comme lieu d'échanges entre lecteurs, auteurs et rédacteurs de Culture clown. Ce Forum rassemblera dans le Bouillon de chaque numéro trois rubriques bouillonnantes :
- Courrier : avec vos suggestions, vos avis, vos questions…
- Recherches : dans les universités ou les formations professionnelles, des étudiants et des chercheurs sont de plus en plus nombreux à mener des recherches dans le champ du clown. Signalez ici vos thèmes de mémoires ou de thèses (sources de futurs articles dans Culture clown ?).
- Débats : dans le prolongement des dossiers de Culture clown... Au fil de ses numéros, notre revue a publié de nombreux témoignages et analyses sur le clown contemporain, mais les propositions et les idées présentées dans ces textes gagneraient à être mises en débat. Réagissez ici à tel ou tel article paru dans ce N° ou dans les précédents, au regard de votre propre expérience du clown.
 
 
 
 
 
 
Recherches :
 

Soutenances de thèse
Standing ovation ! Deux des auteures collaboratrices de Culture clown ont produit une thèse de doctorat universitaire ! A savoir : Delphine Cézard qui a écrit dans les numéros 17 et 19, et Ana Milena Velasquez Angel qui a écrit dans le numéro 19. Félicitations à chacune !

Delphine Cézard : Les "Nouveaux" clowns : approche sociologique de l'identité, de la profession et de l'art du clown aujourd'hui", doctorat en Sciences de l'art (sociologie de l'art). La soutenance a eu lieu à l'Université d'Aix-Marseille le 22 novembre 2012. Sa thèse a reçu la mention "Très honorable" à l'unanimité et sera suivie d'une publication.

Ana Milena Velasquez Angel : Le jeu du clown dans la Colombie contemporaine. La renaissance du clown, un acteur social et politique. Le rire du spectateur une forme de résistance et de liberté, doctorat en Théâtre et arts du spectacle. La soutenance a eu lieu le 11 janvier 2013 à l'Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3, et Jean-Bernard Bonange (notre rédac-chef) faisait partie de son Jury. Sa thèse a reçu la mention "Très honorable" à l'unanimité.

Journées d'études
Le RIRRA21 (EA4209) en collaboration avec l’IRCL (UMR5186) et le Théâtre La Vignette Université Paul-Valéry Montpellier 3 (France) avec le soutien de l’école de cirque Zépétra, ont organisé deux Journées d'études les 22 et 23 novembre 2012 à Montpellier intitulées :

Figures du clown sur scène, en piste et à l’écran par Philippe Goudard

- Dans le cadre du Cycle de Journées d’étude "Figures et représentations du clown" 2012-2016 -
S’inscrivant dans la généalogie des types de la comédie populaire et transgressive, le clown est né dans le giron du théâtre élisabéthain, trois siècles avant de devenir une des figures majeures du cirque. Héritier des comiques ruraux médiévaux devenus à l’aube de la société industrielle et coloniale symboles de l’altérité, il est, sur scène ou en piste, l’homme du peuple que dédaigne l’aristocrate, le rustre moqué à la ville, le sauvage rassurant le bourgeois, le prolétaire ou le sans domicile fixe. Les artistes burlesques des débuts du cinéma, transfuges de la piste ou des scènes du music-hall et du cabaret, lui conférèrent à l’écran une modernité à la fantaisie sans limite et une audience planétaire. Après les révolutions esthétiques du vingtième siècle, le clown devient modèle de l’acteur pour les avant gardes, outil pédagogique, masque de l’horreur au cinéma, auxiliaire thérapeutique ou accessoire de marketing… Il sous-tend aujourd’hui de multiples représentations dont les femmes, rares jusqu’au milieu du vingtième siècle, s’emparent à présent.
La bibliographie des arts du spectacle sur le clown compte quelques ouvrages qui, pour être majeurs, n’en sont pas moins anciens. Le dernier colloque consacré au sujet en France remonte à plus de vingt ans. C’est pourquoi il nous est apparu important de mettre à nouveau en lumière cette figure des arts du spectacle, par un cycle de Journées d’études.

Philippe Goudard est professeur des universités en arts du spectacle en même temps qu’il conduit une carrière internationale d’artiste de cirque, auteur, clown, acteur, producteur et médecin du cirque. Auteur d’une quarantaine de spectacles, il a publié articles et ouvrages sur le cirque et les clowns depuis 1979, et en 2012, Le cirque entre l’élan et la chute aux Éditions Espace 34. Il est directeur adjoint du centre de recherche RIRRA21 à Montpellier 3 et administrateur délégué aux arts du cirque à la SACD.

 
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Otto Didakt du n°20 - Le journal de ma vie - Vienne, ce Jeudi 25 mai 1933 -
   
Ce matin, à l’approche des examens, j’ai rédigé un exposé méthodologique à l’intention de mes étudiants pour les amener à progressivement structurer leur pensée. En effet, il est important, sinon indispensable, de nos jours, de savoir s’exprimer par écrit, de manière ordonnée. Cela est vrai aussi bien pour leur travail universitaire, qui les conduira à rédiger une thèse et des articles, que, plus tard, un curriculum vitae ou des notes administratives. Les structures sont, bien sûr, différentes d’un exercice à l’autre. Néanmoins, je leur ai proposé un plan type que je consigne ici pour m’en souvenir. Je pense sincèrement qu’il aidera ces jeunes gens à penser rationnellement.

Introduction : la qualité du stylographe
Première section : comment terminer votre thèse ?
Première partie : résumer les idées secondaires
Troisième partie : l’article scientifique
Paragraphe h : la conclusion
Paragraphe c : le Curriculum Vitae
Troisième subdivision : la progression de l’argumentation
Quatrième partie : l’orthographe
Paragraphe a : le développement
Section 5 : ménager des temps de repos
Troisième alinéa : la note administrative
Conclusion : l’introduction

Une fois ce plan type bien intégré, je ne doute pas que mes étudiants auront les meilleures notes à leurs examens. Maintenant que cela est fait, je consacrerai ma journée de demain à un exposé méthodologique pour aider mes étudiants à progressivement structurer leur pensée, puis, dans les jours suivants, je tenterai de proposer à mes étudiants une méthode destinée à les assister dans leurs efforts d’agencer leurs idées.
Que la vocation d’enseignant est exaltante !

 
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